Communauté de Communes Yonne Nord

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LE bassin d'apprentissage de la natation

Qu'est-ce qu'un BAN ?

Comme quelques autres équipements sportifs, le bassin d’apprentissage de la natation (BAN) est un outil de développement du territoire à partir duquel peut s'articuler une politique sociale et éducative. Elle est l'équipement intercommunal le plus fréquenté par la population, surpassant de très loin la fréquentation des équipements culturels tels que les bibliothèques et médiathèques.

Le BAN est un équipement structurellement coûteux en investissement mais aussi en fonctionnement dont la rentabilité financière ne peut être assuré. Les coûts d'exploitation sont élevés et les recettes sont modérés de par l'exercice des missions de service public. Selon les statistiques, les charges d'exploitations de ces bassins représentent chaque année un peu plus de 10% du coût de la construction, liées aux coûts de maintenance et de gestion nécessitant à la conception, un juste dimensionnement, adapté à sa mission.


En revanche, les bénéfices sociaux d’un tel équipement sont incontestables. Outre l’éducation aquatique des plus jeunes il favorise l'activité des seniors dans des territoires ruraux comme le nôtre. Il contribue, de plus, à la valorisation de l'image du territoire, en constituant un pôle d’attraction pour les populations nouvelles.

« Je demande un renforcement du plan de lutte contre les noyades et du programme de formation à la nage de l’Éducation nationale »

En juillet 2018 le Premier Ministre Édouard Philippe sonne l’alarme à la lecture des résultats intermédiaires de l’enquête Noyades 2018 : les cinq premières semaines d’observation (du 1er  juin au 5  juillet) font état de 552 noyades, dont 121 décès. Avec notamment une augmentation de 34 % du nombre de morts d’enfants de moins de 6 ans, par rapport à 2015.

Sur l’ensemble de l’été 2018, le nombre de noyades aura doublé par rapport à la même période sur 2015. « Je demande un renforcement du plan de lutte contre les noyades et du programme de formation à la nage de l’Éducation nationale », annonce alors Édouard Philippe qui ajoute : « si l’apprentissage de la natation est préconisé par les experts, une évaluation sur 300 collèges a montré que 48 % des élèves ne maîtrisent pas correctement la nage à l’entrée en 6e »..

Edouard Philippe
Edouard Philippe

Le bassin d'apprentissage de natation (BAN) est soumis aux mêmes aspects réglementaires qu’une piscine tant dans le domaine de la sécurité des usagers (obligations de surveillance notamment) que sur le plan sanitaire. À ce titre, il est déclaré auprès de la Direction Départementale de la Cohésion des Sociale et de la Protection des populations (DDCSPP) et de l’Agence Régionale de Santé (ARS). L’Éducation Nationale est également un partenaire privilégié à travers les conventions pour l’apprentissage de la natation pour les enfants scolarisés. Il permet ainsi à l’Éducation Nationale de satisfaire aux exigences des divers programmes mis en œuvre pour favoriser l’aisance aquatique et limiter les noyades, trop nombreuses dans notre pays.

Le bassin d'apprentissage de Pont-sur-Yonne

Un bref historique : En France, les noyades constituent un problème important de santé publique car elles sont responsables de plus de 500 décès accidentels chaque année et parfois de graves séquelles. Tous les ans, des récits de noyades, notamment d’enfants s’étalent alors régulièrement dans les colonnes des journaux.


Devant de tels chiffres, en 1990, sous l’impulsion du Maire de l’époque, le BAN ouvrait ses portes dans la cité pontoise. Il permit pendant plus de deux décennies de former à la natation, des milliers d’enfants du territoire dans un bassin parfaitement adapté au primo contact avec l’élément aquatique. Les dimensions spécifiques d’un bassin d’apprentissage permet effectivement de limiter l’appréhension d’un jeune enfant face à l’eau.


Le BAN dispose d'un bassin de 100 m² (12,50 x 7,50) composé de 3 couloirs et d'une profondeur de 0,50 m en petit bain à 1,20 m au plus profond. Il a accueilli durant 25 ans :

> Les scolaires du 1er degré (maternelle et primaire) : 28 classes par semaine soit 6 000 élèves par année scolaire + 900 encadrants.

> Les non-nageurs en début du second degré dans le cadre du « savoir nager » (50 élèves).

> Les centres de loisirs (ALSH) : 620 enfants + 130 animateurs.

> On dépasse et on réduit certaines appréhensions.

> Les associations : 6 124 entrées

Et pourtant, 25 ans plus tard, le couperet tombe ; le bassin de Pont sur Yonne, dont la chaudière est hors service, est fermé pour cause de difficultés financières héritées d’une gestion catastrophique des équipes municipales précédentes et sanctionnée par la Cour Régionale des Comptes.


La commune se tourne alors vers la CCYN du fait de l’évidence de l’intérêt communautaire d’un tel équipement. Hélas, l’exécutif de l’époque répond négativement. Curieuse décision pour un équipement indispensable à notre territoire et qui a formé à la natation plusieurs milliers d’enfants pendant près de 25 ans. L’exécutif de la CCYN ne pouvait pas ignorer l’utilité d’un tel équipement. Il s’agissait, n’en doutons pas, d’une décision bassement politique. Il est vrai que la nouvelle équipe pontoise n’était pas en odeur de sainteté à la CCYN.


Pourtant, pendant 25 ans, un public essentiellement scolaire a fréquenté l’établissement. Ce sont quelques 800 élèves du cycle 2 qui ont bénéficié d’un apprentissage à la natation à l’occasion d’un programme de 10 heures/an sur 3 ans. Ajoutons à cela les séances réservées aux enfants des grandes sections de maternelles ainsi que les séances réservées aux centres de loisirs et on arrive à plus de 10 000 entrées/an. Ajoutons-y les créneaux pour diverses associations (Aquabike, Aquagym, nageurs handicapés, bébés nageurs ...) et nous saisissons immédiatement l’intérêt de ce bassin pour le nord de l’Yonne.


La fréquentation moyenne entre 2005 et 2012 est de 18 000 entrées/an et de 2013 à 2016 de 14 000 entrées/an.


Sa faible profondeur lui confère un avantage évident pour l’apprentissage en toute sécurité de la natation. Un bassin plus profond n’aurait sans doute pas coûté beaucoup plus cher. Le choix de ce type de bassin est donc bien une volonté délibérée et non une erreur de conception ou un manque de financement. Des générations d’enfants du territoire en ont gardé un excellent souvenir. Vous qui lisez ces lignes, y avez sans doute fait votre apprentissage.

Le renouveau

En 2019, à peine sorti, elle aussi, de la catastrophe financière, le nouvel exécutif de la CCYN propose de placer cet équipement en intérêt communautaire. Ainsi, les communes vont pouvoir à nouveau proposer à leurs écoliers des séances de natation dans un environnement parfaitement adapté. Les centres de loisirs vont retrouver le chemin du bassin et les associations reprendront, espérons-le, leurs activités aquatiques.

« L’apprentissage de la natation qui commence au CP, c’est trop tard »

Face à l’augmentation des noyades accidentelles auprès des jeunes enfants (330 noyades accidentelles en 2018 chez les moins de 6 ans), la ministre des Sports Roxana Marcineanu lance le 15 avril 2019 un plan « Aisance aquatique » afin de familiariser les plus jeunes à l’eau, prévenir les accidents et lutter contre l’aquaphobie.

La ministre des Sports pointe des chiffres « alarmants » des noyades chez les jeunes enfants (+ 85 % de noyades chez les moins de 6 ans entre 2015 et 2018) et juge que « l’apprentissage de la natation qui commence au CP, c’est trop tard ». « La moitié des collégiens en fin de 6e ne savent pas bien nager, » souligne-t-elle. La ministre propose donc un changement de méthode : « Les enfants vont s’initier à la natation dès la maternelle » avec notamment la création des classes piscines comme il existe déjà « des classes de neige ».

Roxana-Maracinaunu
Roxana Marcineanu